Lecteur, acteur, Citoyen : Impacts sociaux, culturels et économiques de l’illettrisme

Rencontre organisée le samedi 21 janvier 2012 par l’Association de Développement Culturel du Pays de Montbéliard (ADEC)

Durable
La question de l’illettrisme ne cesse d’être mise à l’ordre du jour : les institutions publiques et les associations en charge de ce phénomène tirent chaque année le signal d’alarme pour nous alerter sur l’augmentation croissante du nombre de personnes illettrées et ses conséquences au plan social, économique et culturel. A l’heure où l’attractivité, la compétitivité et l’innovation sont devenus les valeurs centrales des projets de développement portés par les collectivités territoriales, n’y a-t-il pas un risque de très fortes tensions entre les acteurs/citoyens d’un même territoire ? N’y a-t-il pas un risque de scissions entre ce qui est communément appelé « les fonctions supérieures métropolitaines » et les « fonctions sociales, éducatives et de solidarité » (inférieures ?) ? Comment décrypter aujourd’hui la gravité de la situation ? À quelles problématiques renvoient ces processus de dégradation ?
Rupture
Le fait de ne pas savoir lire n’est pas seulement un problème pour accéder à des informations pratiques liées à la vie quotidienne (les transports, la santé, les relations avec les administrations, les modes d’emploi des outils informatiques…), c’est aussi une impossibilité pour la personne concernée de participer à des débats, de construire une idée et d’être acteur du monde. Nous sommes sûrement face à une rupture de communication qui est aussi dans beaucoup de cas une rupture de la citoyenneté. Comment traduire ces fractures en termes d’enjeux sociétaux et politiques ? Quels peuvent en être les facteurs explicatifs ? En quoi les nouvelles technologies de l’information et de la communication peuvent-elles agir directement et indirectement sur ces processus d’exclusion ?
Responsabilités
De nombreuses expérimentations, y compris en région Franche-Comté et à Montbéliard, ont montré toute l’importance de repositionner la question de l’illettrisme dans une approche plus globale à la fois sociale, économique et culturelle. L’illettrisme n’est pas simplement réservé au secteur de la lecture publique (bibliothèque médiathèque notamment). C’est un phénomène social qui invite la puissance publique à se réinterroger sur ses responsabilités. Quelles peuvent être les stratégies menées à court, moyen et long terme par les acteurs publics du territoire de Montbéliard ? Comment mobiliser les acteurs culturels, quel que soit le domaine artistique et culturel, et l’Education Nationale pour élaborer de nouvelles réponses à ces questions ? Ne pas savoir lire, c’est être privé de langage. L’expression artistique, quelle que soit la discipline, est-elle alors un enjeu majeur pour les années futures ?
Enfin, à l’heure où chaque territoire tente de construire de nouvelles stratégies de développement, n’est-il pas temps de considérer la culture non pas seulement comme un vecteur d’attractivité et de compétitivité d’un territoire, mais aussi de la considérer comme étant l’espace d’expression de l’ensemble des citoyens d’un même territoire : cela invite à ne plus confondre le développement culturel d’un territoire et la dimension culturelle du développement d’un territoire.

Rencontre animée par :

  • Didier SALZGEBER : Directeur de L’ATELIER VERSO CULTURE, il apporte une contribution, en qualité de  coopérateur culturel, aux débats publics sur la place des arts et de la culture et à l’accompagnement de nouveaux projets. Il assure la coordination du Comité National de Liaison des EPCC.En qualité de directeur d’Arteca – Centre de ressources de la culture en Lorraine, dont il a été le fondateur, il a animé pendant 20 ans plusieurs réseaux professionnels ainsi que de très nombreux projets de coopération, en particulier autour du développement des secteurs créatifs (spectacle vivant, livre et lecture, arts visuels, cinéma et l’audiovisuel), de la numérisation des fonds patrimoniaux, et plus largement sur l’observation de la culture, sur l’économie, l’emploi et la formation ; et sur les coopérations culturelles professionnelles, territoriales et européennes.
  • Lydie MOREL : orthophoniste et Chargée d’Enseignement à l’Ecole d’Orthophonie de Nancy, elle travaille depuis 30 ans sur les problématiques d’accès au langage oral et écrit. Lydie Morel anime des cycles de formation professionnelle portant sur les pratiques de rééducation en orthophonie et plusieurs groupes de réflexions pédagogiques au sein d’institutions éducatives. Elle intervient régulièrement dans les colloques pour présenter ses recherches sur le thème « agir, penser, parler ». Elle est co fondatrice de COGI’ACT, Groupe de recherche et de formation en orthophonie : raisonnement et langage.
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